Mercredi 16 mai 2007

Bonjour à tous,

Tout fout le camp ma bonne dame, après trois semaines de beau temps insolent, voilà la grisaille qui revient, et même les bons vieux orages, comme celui qui est présentement en train de gronder à mes oreilles.

Heureusement, il faisait encore beau la semaine dernière lorsque j'ai participé, accompagné de mon amie espagnole Blanca, à un "Kölschtour", organisé par une association étudiante bougrement péchue, l'AEGEE. Sous la conduite d'une guide, en Birkenstock, comme tout guide allemand qui se respecte, notre petit groupe a visité (écumé serait plus honnête) les différentes brasseries historiques de la ville. Le terme brasserie désignant à la fois le lieu de brassage de la bière, mais aussi de sa consommation. Le tout était fort intéressant, bien que la guide birkenstockée eut un accent kölsch assez sibyllin (ce mot "kölsch" est fort utile, c'est un peu l'équivalent du "schtroumf", puisqu'il désigne à la fois la bière, l'accent, le dialecte... de Köln, évidemment).

Les berges du Rhin sont, lorsque le temps est au beau fixe, hautement sympathiques. Le samedi, en me rendant à la Boothaus, pour avironner, je croise de nombreuses familles, qui s'installent avec tréteaux, chaises longues, barbecues et jeux pour enfants. On y trouve notamment des famiglie italiennes, qui donnent une atmosphère latine chaleureuse. Point trop n'en faut cependant, les italiens, c'est comme les huîtres, je m'arrête à la douzaine (celui -ou celle, soyons paritaires- qui trouve d'où provient cette référence se voit offrir une Kölsch à mon prochain retour en France).

L'aviron est un sport de combat, c'est maintenant certifié. Samedi dernier, un petit incident a presque réussi à nous envoyer par le fond. Il me faut décrire la situation pour que vous puissiez vous la représenter au plus juste : des berges du Rhin partent, tous les 60 mètres environ, des jetées, longues d'une quinzaine de mètres et larges de trois. Ces jetées, qui sont donc perpendiculaires au lit du fleuve, permettent de casser le fort courant, afin que les bateaux sans moteur (aviron, canoës, kayaks, barques diverses, etc.) puissent remonter à contre-courant sans -trop- de peine. Naturellement, au bout de chacune de ces jetées, le courant accumulé est particulièrement fort, et le franchissement d'une de ces pointes est toujours une manœuvre délicate, tant pour le barreur, qui doit s'approcher au plus près de la jetée, sans pour autant s'y échouer bien sûr, que pour les rameurs, qui doivent nager puissamment et bien en rythme.

Et voilà que notre Steuermann, c'est-à-dire le barreur et maître à bord, a eu l'idée interlope de nous faire franchir l'une de ces jetées au moment précis où une péniche s'en approchait également, en sens inverse. Je rappelle pour information que les péniches sur le Rhin sont des monstres de cinquante mètres de long, et hauts de sept à huit mètres. Ce qui, vu d'un aviron de cinq places, au ras de l'eau, fait son petit effet. Nous voici donc coincés dans un espace de 7 mètres au maximum, entre la pointe et la péniche, le tout dans un courant assez peu coopératif. Jusque là, le plan Vigiepirate n'était encore qu'au orange. Mais lorsque nous nous sommes ramassés sur la tronche une vague d'un mètre (pardonnez ce langage fleuri, mais c'est très précisément ainsi que je l'ai ressenti sur l'instant), bien sûr provoquée par les énormes moteurs de la péniche, tous les clignotants sont passés au rouge.
Les vers de Brassens trouvèrent à cet instant tout leur sens :
« Le capitaine crie, "je suis le maître à bord
Sauve-qui-peut, le vin et le pastis d'abord,
Chacun sa bonbonne, et courage !"»

Notre frêle esquif était rempli d'eau jusqu'à la gueule. Saint Vincent de Paul, loué soit son nom, a du nous prendre en pitié, car nous avons pu atteindre cahin-caha la rive, trempés comme des goélands mazoutés mais bien entiers.
C'est toujours amusant de constater la façon selon laquelle l'organisme, après un grand coup d'adrénaline, parait épuisé. Ceux qui ont déjà eu la malchance de connaître un accident automobile savent de quoi je parle... (j'en profite pour saluer mes confrères membres du très Honoré et très Respecté Club du Tonneau).

Rien de tel, après un peu de stress, de se détendre en faisant une bonne sioule (pour les non-initiés, une sioule est un jeu scout proche du rugby, mais aux règles très simplifiées). Et c'est avec un bonheur immense, que le lendemain, j'ai pu organiser une sioule avec quelques camarades (deux français, un sibérien, un belge, un polonais, et même un allemand sur la fin) dans un parc près de chez moi. Nous étions réunis avec des nombreux amis allemands pour profiter du soleil, et ils ont donc pu assister à une démonstration de ce sport roi, de cette énorme blague qu'est la sioule. J'avoue qu'ils avaient l'air plus effrayés que convaincus, et il n'en eut qu'un seul pour relever le défi, ce qu'il fit d'ailleurs avec force et honneur. J'ai pour ma part intensément apprécié de pouvoir enfin manger de nouveau un peu d'herbe et faire quelques plaquages acrobatiques. Vivement le camp Route de cet été...

C'est plus pacifiquement, mais avec tout autant d'excitation, que nous avons suivi la campagne et les élections. Nous nous sommes retrouvés entre français pour le débat et les deux tours. Les avis étaient bien sûr partagés, mais l'ambiance demeura festive. Vous imaginez ma déception de voir la défaite de Ségolène... parce que pour moi, c'était vraiment pas elle !

J'ai d'ailleurs à cette occasion, eu une discussion des plus lunaires avec un autre sibérien. Pour situer le personnage, c'est un russe-allemand, ce qui signifie qu'il est né dans un village sibérien germanophone. Je trouve cela passionnant de s'imaginer qu'il y ait encore au fin fond de la Russie des communautés qui parlent l’allemand, descendants directs d'émigrés germaniques des siècles passés. Convenons tout de même que son allemand est très particulier, et que sa langue maternelle première reste évidemment le russe, bien que son sang (il me l’a suffisamment répété), soit allemand et rien qu’allemand.
Toujours est-il que, dans une façon de penser typiquement russe (Armand, dis-moi si je me trompe), il m'expliqua avec aplomb que les français étaient mal barrés, avec comme seul choix aux présidentielles une femme socialiste ou bien un immigré à moitié juif. Les bras m'en sont tombés. J'ai vainement tenté de lui expliqué que le fait que Sarko ait du sang juif n'était, pour ainsi dire, et Dieu merci, pas vraiment un critère pour la grande majorité des français, et qu'il n'était pas immigré puisque né en France et ayant toujours vécu chez nous. Taratatata, Sarko est un immigré, ce n'est pas un français car il n'a pas de sang français. J'avoue avoir renoncé à le convaincre après lui avoir dit tout le mal que je pensais de ces critères (j'ajoute aussi que j'ai même défendu Ségo, si si, non pas sur le fait qu'elle soit socialiste, ce qui est impardonnable ;-), mais sur le fait qu'elle porte des jupons et que ça m'est bien égal). Le débat a tourné autour des mêmes questions à propos de Khodorkovski, non seulement un traître à la Russie (ce qui n'est pas faux en soit), mais de plus pour le coup lui vraiment juif (ce qui n'est pas faux non plus, mais quel rapport ?).
Rassurons-nous, l'antisémitisme islamiste n'a pas encore enterré le bon vieil antisémitisme occidental. Consternant.

A propos de comportement déplorable, je tiens à vous faire part de l'actualité allemande. En début de semaine dernière, le Bundespräsident (président fédéral), Horst Köhler, a rejeté la demande de grâce formulée par Birgit Hogefeld et Christian Klar, deux activistes de la défunte RAF (Rote Armee Fraktion), condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité. Petit rappel historique pour les plus jeunes : la RAF, aussi appelée "Bande à Baader", était un groupe terroriste d'activistes d'extrême-gauche, qui a pratiqué des enlèvements et des assassinats odieux pendant les années 70-80 (les fameuses "années de plomb"). A titre de comparaison, la RAF fut à l'Allemagne ce qu'Action directe fut à la France.
Dans cette affaire, ce sont les réactions politiques qui me paraissent intéressantes. Naturellement, la CDU-CSU (Christlich Demokratische Union Deutschlands & Christlich-Soziale Union in Bayern), parti conservateur, et le FDP (Freie Demokratische Partei), parti libéral-démocrate, se sont réjouis du maintien en détention des deux terroristes. Mais aussi et surtout, les ténors du SPD (Sozialdemokratische Partei Deutschlands), c'est-à-dire les sociaux-démocrates (donc en théorie l'équivalent de notre Parti Socialiste), qui sont actuellement dans la coalition d'union gouvernementale d'Angela Merkel, se sont également félicités de la décision du Président. Seuls les Verts (die Grüne) et l'extrême-gauche (Linkspartei) ont  bien évidemment protesté en réclament la libération de ces gentils terroristes.

Ce qui m'amène au constat suivant : les socialistes allemands, eux, ont fait leur révolution interne, et de ce fait, ne soutiennent pas les terroristes d'extrême-gauche qui ont fait couler tant et tant de sang. Regardons maintenant les réactions en France, non seulement des Verts et de la gauche trotskiste, mais aussi de nombres de cadres du PS face aux affaires Battisti et Ménigon-Aubron-Cipriani. Nos socialistes, sans doute nostalgiques d'une époque révolutionnaire révolue qui leur avait donné des frissons, continuent à réclamer l'indulgence pour les terroristes d'extrême-gauche. Qu'on ne s'étonne pas ensuite que le PS peine à se réformer... Je souhaite bien du courage à DSK !

Sur ces considérations politico-historiques, je m'en vais préparer mon sac, car je pars dans quelques heures pour Berlin, rendre visite jusqu'à dimanche à mon ami Eude.

Bonne semaine à tous !

par Louis publié dans : Köln Urlaub
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Mardi 10 avril 2007
Bonjour à tous,

Voici le retour de mes aventures, après un mois d'absence pour cause de vacances bien méritées. Au programme, visite des grands-parents (Gironde et Tarn-et-Garonne), Paris, et petit détour d'une semaine en Suède chez Loïc, à Linköping.
C'est un pays magnifique, et le survol en avion des côtes suédoises découpées au couteau vaut son pesant de cacahouètes. La campagne est incroyablement verte. J'ai d'ailleurs été frappé par une drôle d'herbe, que nous n'avons pas dans nos contrées, et qui pousse là-bas partout, dans les friches, les jardins, sur les parterres d'autoroutes : à la différence du gazon que nous connaissons, c'est une herbe bien plus longue, de couleur verte claire, un peu filasse. On s'en fiche me direz-vous ? oui, mais ne m'enquiquinez pas sinon je vous fais un topo sur les forêts de résineux.
De façon plus anthropocentrique, les Suédois(es) sont comme on les imagine : grands, blonds, beaux, sportifs, non-fumeurs, et donc au final pas foufous.

La visite du campus de Linköping a été un choc : grand campus à l'américaine, bâtiments modernes, labos équipés, etc. Dans chaque couloir, dès que c'est possible, sont installé des tables et des fauteuils, mais attention hein, pas la vieille chaise pourrie qu'on trouvera en France, non non, le bon gros fauteuil club dans lequel on siroterai volontiers un petit floch sur les coups de 18 heures. Inimaginable chez nous... à moins de fixer tout ça au sol, de mettre des caméras partout et de recouvrir le tout d'un film plastique indestructible triple épaisseur de norme anti-sismique.
Des cuisines sont réparties un peu partout, avec des pans de murs entiers recouverts de micro-ondes...
Plus cocasse encore : dans chaque bâtiment se trouvent de petites salles munies d'un lit, en total libre-accès. Ainsi, lorsque l'envie vous prend, entre deux cours, d'aller siester une heure, hop, un tour de verrou et à vous les joies d'un petit somme réparateur.
Pour ceux qui désirent réviser au calme à 3 heures du matin, chaque étudiant dispose d'une carte magnétique qui lui permet d'accéder nuit et jours aux différents locaux.
Au centre du campus se trouve une grosse baraque réservées aux fêtes et concerts organisés par les différentes associations étudiantes.

Je laisse maintenant aux plus matheux d'entre vous le soin de résoudre l'équation suivante : fêtes étudiantes sur le campus + salles de "repos" disponibles + accès à tous les bâtiments même en pleine nuit = ... ? ... et oui, c'est cela aussi la Suède.

Après cette très très chouette semaine, me voici de retour à Cologne, pour le second semestre. J'ai retrouvé mon appartement, mais sans Dahaï, mon colocataire chinois, qui a du rentrer en Chine pour se faire opérer et ne reviendra pas pendant 3 mois. Entre nous, je serais plutôt resté içi pour me faire opérer, m'enfin bon... Mon autre ex-colocataire, Bernhard, l'informaticien déjanté et regretté, est rentré chez lui à Heilbronn. Il a été remplaçé par Timo, allemand de son état, 28 ans, qui est lui aussi très sympathique. Décidement, Gott sei dank, j'ai toujours de la chance !

Le Vendredi Saint (Karfreitag) est en Allemagne un jour férié, tout comme le Lundi de Pâques (Ostermontag).
Dimanche matin (Ostersonntag), messe de Pâques à l'église dominicaine Sainte-Croix (Heilig Kreuz). Mon ami dominicain y animait un orchestre qui fût assez bluffant. Pour ceux que ça intéressent : "Mit Sätzen aus der Orchestersuite D-Dur (BWV 1068) von Johann Sebastian Bach und aus der Kirchensonate C-Dur (KV 278) von Wolfgang Amadeus Mozart". Le petit fascicule de messe précisait également "mit freundlicher Unterstützungder Cölner Brauer Corporation St. Peter von Mailand Bruderschaft", ce qui signifie que la messe était sponsorisée par la corporation des brasseurs de Cologne. Nous sommes en Rhénanie, ne l'oublions pas !
 
J'ai fait hier soir honneur à la France, lors d'une soirée karaoké bien arrosée (quoi le Carême est fini non ?). J'ai bien cherché dans le catalogue "Ma France à moi", de notre chère Diam's, mais le bar ne proposait que peu de titres en français. Je me suis donc retrouvé à interpréter, en solo, "Que je t'aime" de Johnny, et "Belles belles belles" de Cloclo. Grand grand moment de joie et de solitude aussi. L'important dans ces instants-là est de se concentrer sur les paroles qui défilent, de façon à ne surtout pas voir les copains se rouler par terre de rire. Le ridicule ne tue pas, ou bien ?

Les nuits et les jupes se raccourcissent, ce qui signifie içi le début du Grillzeit, c'est-à-dire le temps des barbecues. Jeudi soir, premier barbecue de la saison organisé au pied de mon immeuble, avec tous les voisins. Je ne suis pas certain de réussir à trouver un magret de canard, je crois que je vais devoir me mettre à la Wurst...

Bonne semaine à tous, et à très bientôt !

PS : Gunter et Frida vont bien, merci pour eux.
par Louis publié dans : Köln Urlaub
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Samedi 3 mars 2007
Bonjour à tous,

 

Et le carnaval fût… un grand moment !

Avant tout, pourquoi un carnaval ? comme la plupart des festivités qui se déroulent à cette période, le carnaval de Cologne vise à prendre en grand bol d’air frais, de folie et d’excès en tous genres avant l’entrée dans le Carême, temps de restriction et de mesure, qui débute, je le rappelle pour ceux qui ont séché les cours de cathé (pas bien), par le Mercredi des Cendres (cette année le 21 février) et dure jusqu’à la fête de la Pâques.

Le carnaval fut longtemps combattu par l’Eglise, qui trouvait un peu léger le prétexte du Carême pour justifier une fête aussi excentrique et débauchée. Inutile de préciser que de nos jours, la référence religieuse du Carême est passée presque totalement aux oubliettes.

Le « Karneval » de Cologne dure une semaine : du jeudi au mardi soir à minuit, veille du Mercredi des Cendres (Aschermittwoch). La plupart des autres fêtes ailleurs sont plus courtes, se cantonnant au Mardi Gras. En Allemagne le lundi est cependant un jour chômé et donc un jour de fête dans tout le pays. D’autres carnavals durent encore plus longtemps, comme celui de Venise, qui s’étend sur une dizaine de jours.

 

Le Karneval débute donc le jeudi matin, c’est l’ « Altweiberfestdonnerstag », jour de fête pour les femmes. La tradition dit que les femmes peuvent embrasser à leur guise les hommes qu’elles croisent et qu’elles trouvent à leur goût. Je dois avouer que personne ne m’a embrassé… snif.

Comme pour le 11 novembre, le point de départ des festivités est Heumarkt, place centrale à Cologne, située entre le Rhin et le Dom (la cathédrale). Il faut savoir que le Karneval réunit plus d’un million de personnes. Il vous faut imaginer, six jours durant, les rues et les places noires de monde, ou plutôt justement, non pas noires, car tous étant déguisés, les couleurs se mélangent et se superposent, dans une composition impressionniste bigarrée.

Le jeudi commence par un petit déjeuner, pris entre amis le plus souvent. Les derniers détails des déguisements sont fignolés. J’ai eu recours aux mains expertes d’une amie pour me maquiller (et oui, Jack Sparrow se doit d’être maquillé), étant tout à fait incapable de me crayonner les yeux sans m’éborgner à coup sûr, et ne sachant pas de toutes façons distinguer un fard à paupières d’un eye-liner… Et bien évidemment, une fois son café avalé, il faut déjà attaquer une petite Kölsch. Il est aussi de bon ton d’aromatiser son jus d’orange matinal par quelques lampées de vodka, histoire de se donner du cœur à l’ouvrage.

Et c’est donc déjà bien réchauffé qu’on déambule à travers la ville, en dansant sur les airs joués ici et là, en passant de bars en boites de nuit, ouvertes pour l’occasion toute la journée (ça fait tout drôle de rentrer dans une boite à 17h, mais enfin on s’habitue à tout), en admirant les costumes des fêtards, et en racontant moult niaiseries.

 

Vendredi fût un peu plus calme. Martin et moi ne commençâmes la fête qu’en fin d’après-midi, pour la terminer… pfiiiuuuu… tard dans la nuit. Ou était-ce déjà la matinée du samedi ?

 

Samedi, nous avons participé à la Geistparade, la Parade des fantômes. C’est un défilé underground, organisé en réaction à LA grande Parade officielle du Karneval, celle du lundi. Cette contre-parade est très sympathique, et nous avons pu y admirer de très chouettes costumes, au son des tam-tam et autres tambourins. Tous les carnavaliers sont conviés à former eux-même le cortège, ce qui donne un caractère convivial à la manifestation.

 

Dimanche matin me quitta Martin pour Paris. Malgré cet abandon en pleine bataille, je me résolu à poursuivre la lutte jusqu’au bout. Dimanche soir, nous fêtâmes chez une amie polonaise son anniversaire, le tout évidemment costumé, la règle étant de rester déguisé pendant la totalité du Karneval.

 

Lundi enfin (Rosenmontag : le lundi des roses) point d’orgue de la fête. Un immense cortège traverse la ville. Il est composé par les différentes sociétés d’amis du Karneval. Les musiciens à pied succèdent aux cavaliers somptueusement agencés et aux chars. Tous ont des grandes besaces pleines de roses, de bonbons et autres sucreries qu’ils lancent à la foule qui s’écrie « Kamele ! » (orthographe incertaine, ne me demandez pas non plus ce que ça veut dire exactement, c’est comme ça et puis c’est tout. Si vous dites Kamele, vous être dans le coup, si vous braillez « Dromadeeee », vous passez pour un gros naze). Le combat est âpre ! je confesse avoir écrasé en toute bonne conscience et avec un zeste de satisfaction les doigts potelés d’une grosse bonne femme qui, bien qu’elle eut déjà un cabas plein à ras bord, se jetait sur les douceurs tombées au sol, avec la rage d’une affamée et la sympathie d’un taureau entré dans l’arène, au point de m’avoir soufflé sous le nez (ou plutôt devant les pieds) deux ou trois barres chocolatées. Mort aux vaches !

 

Mardi soir, la fête s’achève. Une tradition rigolote vient conclure le Karneval, die Nubbelverbrennung : afin de se purifier des excès, et disons-le, de la murge et de la débauche du Karneval, les colonais dressent de grands bûchers et y font brûler des épouvantails, censés porter la faute de tous les péchés plus ou moins véniels commis les jours précédents. Sur une grande estrade, une sorte d’inquisiteur en chef, habillé tout de noir et coiffé d’un haut de forme, chauffe la foule en accusant de tous les maux les plus abracadabrants les malheureuses poupées. Les voilà donc responsables d’abus d’alcool, de fornication, mais aussi de la hausse des droits d’inscription à l’université allemande, du réchauffement de la planète et autres joyeusetés… A chaque accusation la foule répond en cœur « c’est la faute des poupées ! », hue, siffle et vocifère. Un vrai petit pogrom miniature. Les mécréantes poupées finissent donc en flammes, ce qu’elles ont, après tout, bien mérité. Et c’est reparti pour entendre et chanter tous ensemble une dernière fois les fameuses chansons du Karneval, dont les compositeurs-inspirateurs ont certainement du être Lagaffe et Patrick Sébastien (oui oui, les deux réunis, c’est pour dire).

 

Au final, après avoir fait la fête de jeudi matin 9 heures à mardi soir minuit, j’ai un mal de crâne tenace, bien évidemment attrapé la crève et la voix en compote. Vivement l’année prochaine !

Vous trouverez içi les photos et içi les vidéos du Karneval !

 

Je rédige cette chronique dans le Thalys. Je traverse actuellement le territoire de sa majesté le roi des Belges. Je viens d’assister à une scène lunaire entre deux contrôleurs pelges une fois et une dame qui voyage avec ses trois enfants. Je n’ai pas tout saisi à leur affaire, si ce n’est que la dame et le premier contrôleur s’efforçaient d’expliquer au second que le ticket familial était tout à fait valable. Ce à quoi celui-ci répondait invariablement « aaah ouuuui j’entends bien, maiz’enfin le billet Kit ce n’est donc que pourrr un seuuuul enfant ». Poilant.

 

Vous l’aurez donc compris, je suis de retour en France. Je repars cependant dès demain pour Bazas et Montech, rendre visite à mes grands-parents.

 

Bonne semaine à tous ! et à très bientôt !

 

PS : le mot de la fin : « Mir alle sin Kölle », la devise du Karneval cette année, qui signifie, en Kölsch évidemment : « Nous sommes tous Cologne ! ».

par Louis publié dans : Köln Urlaub
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Mercredi 21 février 2007

Nubbelverbrennung Kölle 20.02.07
envoyé par lagraville1

La dernière soirée du Karneval, un bon bûcher pour se débarasser des poupées de pailles, symboles des excès commis (ah bon ?) pendant le Karneval, afin de pouvoir entamer le Carême le coeur léger !

Désolé l'image n'est pas très bonne. On entend d'abord le maître de cérémonie, qui accuse les poupées de tous les maux. La foule les hue et les conspue. Puis les poupées sont portées à bout de bras, précédées par des torches, vers le bûcher. Et enfin, vlllooouuuufffff !

par Louis publié dans : Köln Urlaub
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Mercredi 21 février 2007

CARNAVAL DE COLOGNE !
envoyé par rexr32


Merci à Patrick.
D'autres vidéos et photos du Karneval disponibles ici.
par Louis publié dans : Köln Urlaub
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Mercredi 21 février 2007

La parade du lundi 19 février 2007, point d'orgue du Karneval

Rosenmontagszug
envoyé par lagraville1



Le char français commenté à la télé allemande... La Royal en prend pour son grade !
N.Sarkozy et S.Royal au carnaval
envoyé par matd .
par Louis publié dans : Köln Urlaub
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Mercredi 21 février 2007

Weiberfastnacht in Heumarkt 15.02.07
envoyé par lagraville1

L'inévitable place Heumarkt, le jeudi 15 février 2007 au matin. Ouverture du Karneval.
par Louis publié dans : Goodies
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Mercredi 14 février 2007
Bonjour à tous,

Les partiels sont enfin terminés. Les examens allemands sont, à mon humble avis, sensiblement plus faciles que les français, puisqu'il ne s'agit en fait que de questions de cours. Pas de dissertations (exercice typiquement franchouillard), parfois un cas pratique, et le plus souvent une batterie de questions. Pour l'étranger que je suis, cette formule présente au moins l'intérêt d'aller droit au but. J'ai eu un cas pratique, en droit de l'environnement, à résoudre ; il m'a déjà fallu une heure pour le traduire... (l'histoire passionnante d'une station-essence qui fait des misères au voisinage... un sujet pour Julien Courbet !).

La bonne nouvelle de ce numéro est que je vais prolonger mon séjour à l'Université de Cologne pendant le prochain semestre. Je serai donc de retour à Paris fin juillet.  Je suis donc en vacances jusqu'au début avril, date de reprise du second semestre ici en Allemagne. Au programme : Paris, Bazas, Suède (Linköping) et Pologne (Cracovie). Je sais, la vie est dure.

Mais avant les voyages lointains, voici que s'ouvre, dans l'allégresse et l'insouciance la plus totale, le Karneval tant attendu. Début des festivités demain matin, jusqu'au mercredi 21. Je vous ferai la semaine prochaine un compte rendu détaillé de ce qui promet d'être un grand moment. J'ai peaufiné mon déguisement... je serai le Captain Jack Sparrow. Photos et vidéos seront au rendez-vous pour vous donner une idée des festivités.
Martin me rejoint ce soir, pour ma plus grande joie !

La vie suit son cours. Le club d'aviron organise en mai une excursion de quelques jours dans le nord de l'Allemagne : 8 heures d'aviron par jour environ, et haltes dans les Boothaus de clubs amis. Une bonne rando sur l'eau ! youpi !

Je me suis mis à la recherche d'une chorale. Chanter sur son vélo sous la pluie, c'est drôlement chouette, mais ça limite la marge de progression...

Bon courage à tous ceux qui sont en pleine rédaction de mémoires, thèses, ou devoirs divers !

Bonne semaine à tous

! Kölle Alaaf !

PS : voici l'inévitable mot d'ordre à crier à tue-tête pendant le Karneval de Cologne.
 
par Louis publié dans : Köln Urlaub
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Mercredi 24 janvier 2007


Sweet dreams
envoyé par lagraville1

"Petite vidéo débile,
Empêche de faire de la bile."
                     Lao Tseu
par Louis publié dans : Goodies
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Dimanche 21 janvier 2007
Bonjour à tous,

Quelle semaine agitée mes amis ! la une évidemment revient à la tempête qui a secoué le nord de l'Europe, et par conséquent votre serviteur. La Rhénanie du Nord - Westphalie (NRW = Nordrhein-Westphalen), c'est à dire exactement là où je me trouve, a été particulièrement touchée par les vents violents. C'est la soirée de jeudi qui fut la plus impressionnante.
J'avais renoncé, compte tenu de la météo, à enfourcher mon Hercules pour aller à la fac, et m'étais donc rabattu sur le bus. Vers 18h, fin de mes cours, Valentin et moi nous dirigeons vers notre Kebab favori pour un petit encas prédinatoire. En sortant de l'échoppe de l'Anatolien, nous avons été pris dans des bourrasques de vent et d'eau. Tous les panneaux indicateurs non-fixés au sol (Cologne est parsemée de travaux en ce moment) étaient tombés à terre, certaines enseignes de magasins se décrochaient et pendaient dans le vide, les tuiles chutaient des toits, bref sans être l'Apocalypse, ça commençait à devenir dangereux de rester dehors. Évidemment, le bus ne venant pas, je me suis résolu à rentrer à pied. La situation était plutôt amusante, mais je regardais de tous côtés pour ne pas me prendre un OVNI sur le coin de la tronche.

Vendredi matin, mon jogging dans le parc près de la maison se transforma en parcours d'obstacle et saut de haies : les chemins étaient jonchés de branches et des arbres entiers avaient été déracinés et barraient la route. Les bûcherons débitaient déjà les plus gros morceaux. Ils ne perdent pas de temps ces Allemands ! Sitôt tombé, sitôt coupé !

Hier samedi, j'ai pu constater, en me rendant à l'aviron, que le Rhin avait pris 10 bons mètres en largeur de plus qu'à l'accoutumée. La voie sur berges que j'emprunte habituellement est partiellement inondée, et les rives du Rhin sont devenues une infâme mangrove qui charrie tout ce qui est susceptible de flotter.

Parmi les gens présents pour avironner, deux groupes ont été improvisés : les vrais et les imposteurs. Les imposteurs se sont réfugiés sur le petit lac en bordure du fleuve, à l'abri du vents et des courants, et les vrais se sont lancés sur les flots du Rhin. Inutile de préciser dans quel groupe je suis allé ;-) Le vent était si fort que nous avons réussi, en sortant nos avirons de l'eau (qui faisaient donc prise au vent), à faire pousser notre embarcation (quatre rameurs) à contre-courant ! C'était assez fou ! Évidemment, au bout d'une heure, la pluie s'en est mêlée. J'ai retrouvé ce sentiment d'effort et de solidarité que j'ai ressenti des dizaines de fois avec mes frères scouts : quatre pèlerins sur une barquette de 6 mètres de long, au milieu du Rhin, devant composer avec le vent, les courants majeurs, les tourbillons, les vagues causées par les péniches, et la pluie pour venir rouiller le tout ! Au final, on a bien rigolé et on était content de retrouver le petit ponton et la terre ferme au bout de deux heures !
"Je m'souviens ma mère m'aimait, et je suis aux galères..." ;-)

L'aventure n'était cependant pas encore finie pour moi, puisqu'il me restait encore 20 kilomètres à faire avec mon Hercules pour rentrer au chaud. Toujours sous une pluie battante, sur la même voie sur berge complètement désertée pour l'occasion par les promeneurs habituels, j'ai passé en revue tout mon répertoire de chants scouts, du Parachutiste à Fanchon, en passant par le Transvaal et la Blanche Hermine, en ponctuant chaque fin de couplet par un "tarrassboulbaaaaaaaa" visant à me donner du coeur à l'ouvrage et surtout à me revigorer les jarrets. Une fois rendu, rarement douche chaude fût autant appréciée !

Le ciel m'étant presque tombé sur la tête, j'ai à propos réussi à me procurer "Astérix et Cléopâtre" ("Asterix un dat Kleo") en version Kölsch, c'est-à-dire le patois local (les amateurs de veillée apprécieront la transition magique). C'est assez cocasse et abscon, mais connaissant l'original par coeur, je parviens à comprendre à peu près tout. J'offre une bière au premier d'entre vous qui parviens à caser lors d'un diner mondain, et en version originale, "Total beklopp de Äjüpter !", ce qui signifie vous l'aurez deviné, "Ils sont fous ces Egyptiens !". Panoramix est rebaptisé Miraculix, Assurancetourix devient Troubadix et Abraracourcix se transforme en Majestix... Total beklopp de Kölscher !

Bonne semaine à tous, et bon vent !
par Louis publié dans : Köln Urlaub
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